Être volontaire

Portraits

Farah a réalisé son rêve: être directrice d'un centre de sauvegarde des tortues

Farah a aujourd’hui 28 ans et est directrice d’un centre de conservation et ré-introduction de tortues terrestres. Elle était partie pour la première fois avec nous en 2007 à peine âgée de 20 ans sur un projet de protection des tortues marines au Mexique.

 ” Je suis partie la première fois en bénévolat grâce à votre association sur un chantier de protection des tortues marines au Mexique, il y a 9 ans. Passionnée de ces cheloniens depuis petite, la course aux tortues a été longue depuis. Maintenant je suis directrice d’un centre de conservation et ré-introduction de tortues terrestres au Sénégal. Je vous remercie de m’avoir permis de réaliser mon rêve grâce à vos partenaires au premier départ.”

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Ousmane Dindane, ancien volontaire du chantier international de reboisement de Korhogo (Côte d'Ivoire) en 1983

Ousmane Dindane, ancien volontaire au chantier de reboisement de Korhogo (Côte d’Ivoire, 1983) a décidé d’écrire 29 ans après, à celles et ceux qui ont partagé avec lui ce petit morceau de vie : Pierre Savary, Mary José Leroy, Maryse Bayle (sa complice du chantier), Dominique N’Guyen (sa fidèle collègue du chantier), Yellé Jocelyn, Ives Vachon, Tom Fitzpatrick, Claude Says, Chris Nillians, Jacques Tassin, Curé Robert, Rizand Jean-François, Guillaume de Saint Phalle, Vivienne Laurent, Christiane Andler (la « plus cool » du chantier), Pelletier Daniel, Cabio’ch Jocelyne, Dusrunski Jean-Marc, Jacques François, Mariette Keizer, Pierre Desautels, Christophe Quintin, Win Zthaap. Ousmane leur adresse à chacun son amitié fraternelle à travers ces quelques lignes…

Abidjan, le 14 avril 2012

Au travers de cette lettre ouverte, simultanément adressée à tous ceux qui, comme toi, ont participé au Chantier International de reboisement en Côte d’Ivoire, je viens réveiller en toi, les souvenirs de ton passage en terre ivoirienne. Histoire de maintenir encore plus forts, les liens de fraternité qui ont été tissés pendant ce regroupement international, en dépit d’une très longue absence de communication. En effet, il y a 29 ans déjà que nous avions communié ensemble dans une ferveur de retrouvailles chaleureuses. Où, jeunesse de tout continent, de toute couleur et de toute origine, s’était unie pour un idéal commun de solidarité, par une croisade saine de nos actions en faveur de la sauvegarde de la nature verte. C’est ainsi que l’association « Jeunesse et Reconstruction » de France, dont vous aviez été membres à cette époque, s’était jointe sur invitation du Ministère ivoirien de la Jeunesse et des Sports, aux activités socio-éducatives, de la Direction de la Jeunesse. Aux côtés de jeunes Ivoiriens de toute condition sociale, issus de différents groupements associatifs de jeunesse, dans un tout petit village appelé « Nangounkaha » dans la région de Korhogo, vous êtes venus oser cet acte majeur, de haute portée sociale, qui a défié le temps dans son existence. Avions-nous réussi notre pari d’avoir créé cette ceinture verte de sécurité, contre l’avancée du désert, et pour la survie des populations autochtones ? Je réponds sans hésiter par l’affirmative, simplement parce que chacun de nous, a su mettre du sien et de l’espoir en chaque plant d’eucalyptus, que nous avions porté si joyeusement en cette terre à cette époque-là, sans rien attendre en retour. Si ma démarche peut paraître laborieuse ou même hypothétique quant à obtenir des réponses ou à renouer le fil rompu du contact avec certains d’entre vous, je reste tout de même optimiste ; avec le bond prodigieux dans l’univers des nouvelles technologies de l’information et de la communication, notamment Internet, j’ose espérer qu’après avoir retrouvé les traces de certains camarades, nos échanges dorénavant sur Internet, particulièrement via les réseaux sociaux, seront plus aisés et plus conviviaux. Et croyez-moi, avec la récente découverte fortuite de mon répertoire d’adresses des volontaires (français, canadiens, hollandais et anglais) dans mes archives personnelles, l’envie et la curiosité ne me manquent pas de savoir et de me poser des questions sur ce que sont devenus les jeunes filles et jeunes gens que nous étions, en cette période de notre vie. Eh, oui ! Que de temps passé depuis. Pour ma part, j’occupe à présent le poste de chef de service déco, à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (la télévision Nationale) après avoir fait mes études à l’école des Beaux-Arts (Institut National des Arts). J’y ai suivi un stage en 1981, puis j’ai été recruté. Au fil de tant d’années d’efforts soutenus et de patience, j’ai été distingué meilleur décorateur de plateau télé, par le trophée « Antenne d’Or » (j’ai remporté des lots en nature et en espèces), au cours d’une émission spéciale intitulée « La nuit des antennes d’or », qui a eu lieu le 2 mai 2007 à l’Hôtel d’Ivoire (le plus grand hôtel en Côte d’Ivoire). Pour terminer, sachez qu’en chacun et chacune d’entre vous, où que vous soyez, quoi que vous fassiez, quel que soit le poste que vous occupez aujourd’hui, je garde le souvenir d’un ou d’une camarade. Sachez simplement que j’attends de vous une et une seule chose, un tout petit signe de vie par courrier classique ou électronique. Quand bien même, si certains d’entre vous ont changé d’adresse ou de pays pour des raisons personnelles, qu’à cela ne tienne, retenez seulement que du fond de mon cœur, j’ai une pensée affectueuse pour chacun de vous, et pour votre famille.

Amitié fraternelle,

Ousmane Dindane

Retour à Beauzac de Juan Carlos et Gillian 25 ans après.....

We met in 1989 in Beauzac, in a Jeunesse et Reconstruction workcamp restoring an old chapel in Beauzac, a little town in Haute-Loire. We had a great time then sharing time and efforts with peolple from different countries. We are now married, living in Spain and have three children. In 2014 we came back to Beauzac, met Paul and Helene who in 1989 supported us with their time and shelter, it was great !!! We also met Clément from Jeunesse who was very welcoming, we even visited a workamp in Chaspinhac, which brought back many memories. Thanks Jeunesse for the great work you are doing.

Thanks for everything

Juan carlos & Gillian

Rajko MALOJCIC a participé à un chantier à Champs-sur-Marne en juillet 1962 : le plus beau mois de sa vie !

J’ai fait mon premier chantier J&R en juillet 1962, à Champs-sur-Marne. C’était le temps où l’Europe était divisée par le rideau de fer et ce n’était pas simple pour un jeune Yougoslave de voyager à l’Ouest.

Mon institutrice de Français, une vieille dame du Jura qui était venue s’installer à Zagreb au temps de l’empire Austro-Hongrois, m’a trouvé J&R comme solution. Mon oncle, qui vivait en Angleterre, m’a envoyé de l’argent de poche et mon travail au chantier m’a permis de me loger, de me nourrir et de visiter le coin.

Il y avait beaucoup de chantiers de travail de volontaires en Yougoslavie mais ils étaient très différents. Il y avait des brigades, des commissaires, des uniformes, des différents cours, enseignements etc. Je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler un chantier en France.

Je suis arrivé à Gare de Lyon muni d’un guide Baedecker de 1925 obtenu grâce à mes parents qui ont vécu à Paris en 1926/27. Le Metro et les lignes du RATP avaient changé et trouver Vincennes et Champs-sur-Marne fut difficile.

Cependant, le mois qui a suivi fut le plus beau de ma vie. On était 7 étudiants et 8 étudiantes engagés pour démonter une clôture de fer, la repeindre et la remonter 50 mètres plus loin. Le soir, on nageait dans la Marne.

Un jour, il pleuvait et on nous a demandé de repeindre la salle de bain. Maladroits, on a tout inondé et on s’est retrouvé à genoux, éponges à la main, pour nettoyer le sol. Tous, sauf un Espagnol, étudiant en droit ! Il disait: “Donnez-moi une pioche et je vais travailler au champ sous la pluie. Un homme ne travaille pas à genoux !”.

Les filles américaines portaient des shorts à l’époque, une mode qui n’était pas encore connue en Europe. Elles n’osaient pas couper leurs shorts au début, mais par la suite, elles les coupaient de plus en plus. Finalement, le directeur de l’institution qui nous employait a prévenu notre responsable que les chauffeurs qui passaient devant notre clôture étaient distraits par les shorts trop courts de nos camarades. On nous avait expliqué: “C’est la France, ce n’est pas Paris !”.”

Rajko Malojčić, Zagreb, Croatie.

Nicolas Debaisieux, 35 ans, nous raconte comment sa participation à un chantier en Auvergne en 2004 a changé le cours de sa vie !

« En mai 2004, je rencontre une volontaire de Jeunesse et Reconstruction qui me propose de participer à un chantier en Auvergne en tant qu’animateur durant le mois de Juillet. C’est décidé ! RDV pris à la gare de Vichy où je reçois la fine équipe (4 Turcs, 4 Français, 1 Mexicain, 3 Coréennes, 2 Espagnoles, 2 Russes), les dernières à arriver sont les Espagnoles qui ont pris du retard. Je les accueille, et le coup de foudre avec Adriana est immédiat. Le chantier de St-Yorre (rénovation de la serre du Château Robert où nous logions) nous a pris un bon mois, au cours duquel nous avons pris plaisir à découvrir la région, ses habitants, à partager une ambiance multiculturelle dans un cadre magnifique. Depuis, le Château Robert qui était alors abandonné, a été réaffecté comme centre de loisirs. Après le chantier, nous nous promettons de nous revoir, malgré la distance. Je décide en revenant d’un séjour au Portugal de lui rendre visite à Barcelone… elle me suit ensuite dans mon Nord… et nous prenons date : le 18 octobre 2004, à 22h00, je débarquais à Barcelone pour de bon. Depuis, nous coulons des jours heureux, nous nous sommes mariés le 3 mai 2008, avons eu notre premier enfant le 15 juin 2010, puis le deuxième le 16 novembre 2012. À suivre… »

Nicolas Debaisieux

Benoît Giacchero, 30 ans, revient 15 ans après, sur sa participation à des chantiers internationaux avec J&R

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire quel est votre parcours ?

Benoît : Je suis enseignant de Mathématiques, Physique, Technologie et Informatique dans un lycée et collège à La Mure, près de Grenoble. Pendant mon temps libre, je suis accompagnateur de groupes à l’étranger. Titulaire du BAFA et du BAFD, j’ai encadré de nombreuses colonies de vacances, je suis passionné de voyages et j’en organise régulièrement. Je pars en moyenne 5 fois par an sur des moyens/longs courriers et j’ai déjà organisé 85 séjours en France et à l’étranger.

C’est pour ça que j’ai choisi le métier d’enseignant : d’abord parce que j’adore être au contact des jeunes, et aussi parce que je voulais un travail qui pouvait se construire autour du voyage.

Comment vous est venu ce goût pour les voyages ?

J’ai développé cette passion depuis ma première participation  à un chantier international quand j’avais 15 ans. Je suis parti avec Jeunesse et Reconstruction en Allemagne sur un projet de restauration à Anklam.

Pourquoi avez-vous choisi de partir sur un chantier ?

Je ne l’ai pas vraiment choisi… un beau jour, ma mère m’a annoncé « tu vas partir en Allemagne ». A l’époque, il n’y avait pas énormément de possibilité pour partir à l’étranger et les « chantiers ados » nous paraissaient comme une très bonne opportunité.

Quavez-vous retiré de cette première participation ?

C’était une superbe expérience : j’ai partagé des moments forts avec des Tchèques, des Russes, des Allemands, des Français … D’ailleurs, je suis reparti l’année suivante, toujours en Allemagne mais sur un projet « adulte » cette fois où il s’agissait de maintenir des dunes.

Les chantiers m’ont donné envie d’apprendre les langues étrangères, et cela m’a aussi convaincu que ce n’était pas à l’école que j’y parviendrais… et puis c’est également ce qui m’a donné envie de trouver un métier qui me permettrait de voyager.

Y a-t-il, peut-être plus particulièrement en tant quenseignant, des valeurs que vous tenez à transmettre à vos élèves ou aux jeunes que vous accompagnez sur des séjours ?

Pour moi, mes valeurs sont le résultat de ce que j’ai fait, de mon parcours. Les chantiers ont été des temps forts, j’ai appris le respect et comment agir avec les autres. J’encourage toujours les jeunes à partir. Lorsque j’organise des séjours, au-delà de la découverte d’un pays qui est un axe ou un objectif fondamental, je mets un point d’honneur à développer chez les jeunes le sens de la « débrouille » : aller négocier un tarif pour le groupe dans un restaurant, faire eux-mêmes leurs réservations de train pour organiser les étapes… C’est ce que j’appellerais l’apprentissage du voyage, voyager ça s’apprend. Ils gagnent ainsi en autonomie et en confiance et en retirent généralement une grande satisfaction.

Aujourdhui, 15 ans après votre premier chantier, seriez-vous prêt à repartir sur un projet de ce type ?

Oui, carrément. La découverte, la rencontre de l’autre, la dimension solidaire des chantiers… Tout cela m’intéresse toujours, c’est tellement enrichissant.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à quelquun qui souhaiterait sengager sur un projet ?

Je ne sais pas si « conseil » est le mot approprié mais j’ai envie de dire « Foncez ! Courrez ! Vous vous ouvrirez à d’autres choses et vous apprendrez ce qu’est la vraie vie ! ». A mon sens, il y a des choses qu’il faut vivre pour apprendre ou que l’on ne peut apprendre que par l’expérience… Les chantiers et plus généralement les voyages permettent cet apprentissage.

Interview réalisée en avril 2012

François Grandjean, ancien volontaire, revient 20 ans après, sur son expérience avec J&R

« J’avais 20 ans passés, j’étais un peu désœuvré, durant l’été, je me suis inscrit à un chantier pour l’Irlande, et me voilà parti, sac au dos, train, bateau, auto-stop, B&B, j’ai passé 3 semaines de vie particulières comme cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Vie en groupe dans une simple maison avec obligation de s’arranger les uns avec les autres.  Pris en charge par l’office des forêts irlandais, nous avions à nettoyer les plages de tous les détritus, durant la matinée. L’après-midi et le soir, nous avions beaucoup d’occasions de découvrir le pays, accompagnés par les agents forestiers, qui nous ont baladés dans de nombreux endroits insolites. Et en plus, j’ai pratiqué l’anglais comme jamais avant. Malheureusement, à l’époque, je n’avais pas d’appareil photo…

Donc, il a fallu que je reparte l’année d’après ! Et cette fois-ci, j’ai pris la direction de l’Afrique. Dans un premier temps, j’ai suivi un stage de préparation à Étoile-sur-Rhône, c’était déconcertant au début, mais ensuite cette semaine fût une sacrée découverte sur les relations humaines. Puis, un avion m’a emporté avec quelques autres du stage vers la Côte d’ivoire, et là, nouvel émerveillement : les paysages, la chaleur, les gens, le mode de vie, l’accueil, l’art, je me souviendrai toujours de cette découverte et des souvenirs d’Afrique (j’ai conservé jusqu’à ce jour quelques masques et statues rapportées de là-bas). Deux mois de rêve à Korhogo, le travail consistait à creuser des trous pour y planter des arbres.

Je pourrais continuer à décrire toutes ces années de chantiers, mais il y en aurait pour de nombreuses pages. Aussi, je vais simplement écrire que par la suite, je suis allé en Algérie, au Maroc, en Italie, au Burkina Faso et en Turquie.

A chaque fois, des rencontres, des découvertes, des souvenirs, et petit à petit j’ai appris à connaitre (ou reconnaitre) les gens. Pour moi, ces années m’ont transformé et me permettent de me faire ma propre opinion dans ces temps difficiles que nous vivons actuellement. J’ai aussi acquis quelques valeurs à transmettre à mes deux filles qui sont encore des enfants. Sans ces expériences, je serais, je pense, beaucoup moins ouvert aux autres, vivrais dans un monde bien plus confiné. Tous ces voyages m’ont apporté un épanouissement personnel, appris l’échange et la solidarité, j’ai rencontré la vie autrement. Je suis riche des autres. »

François Grandjean


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